Les 100 ans du Traité no 11

Témoins de l’histoire et défenseurs du territoire

Notre terre, notre vie

Le désir des Dénés de protéger et de conserver leur relation traditionnelle avec le territoire demeure constant malgré les nombreux changements et difficultés survenus au cours des décennies.

Dès les années 1970, ils défendaient déjà collectivement et énergiquement ce droit. Une action en justice a confirmé l’existence des droits et des titres autochtones et rejeté l’idée qu’ils avaient été cédés par traités.

Selon des témoins de la signature des Traités no 8 et no 11, les chefs signataires considéraient les traités comme un accord de paix et d’amitié, pas comme une cession du territoire. Il est devenu évident que ce qui a été dit ne correspondait pas exactement ce qui a été écrit dans les documents du traité.

Selon les Aînés ayant assisté à la signature du traité, le chef Monphwi avait dessiné une carte montrant le territoire où les Tłı̨chǫ seraient libres de pratiquer leurs activités traditionnelles sans restriction. Il a signé le traité seulement lorsqu’on lui a assuré le respect de ses conditions.

Le mouvement d’affirmation des droits fonciers a donné lieu aux ententes sur les revendications territoriales et l’autonomie gouvernementale. Le Traité no 11 en a été le point de départ.

 
©Archives des TNO/Native Communications Society – Native Press/N-2018-010: 1264

Collecte des éléments de preuve pour l’affaire Paulette : James Wah-Shee de la Fraternité des Indiens (aujourd’hui la Nation dénée), Julian Yendo, dernier chef signataire survivant, et le juge W. G. Morrow à Fort Norman (aujourd’hui Tulita), en juillet 1973.

 
Collection privée

Le territoire traditionnel des Tłı̨chǫ a été tracé par le chef Monphwi (1866-1936) lors de la signature du Traité no 11 en 1921. Parfois orthographié « Monfwi » et plus récemment « Mǫwhì », son nom officiel est « Zephirin Monphwi ».

 

Mǫwhì Gogha Dè Nı̨ı̨tłèè, territoire traditionnel des Tłı̨chǫ

Nouveau processus de négociation de traités et autonomie gouvernementale des Tłı̨chǫ

Reconnaissance des droits fonciers et vision d’avenir

Le Traité no 11 a servi de base au processus moderne de négociation de traités entre nations. Les Tłı̨chǫ ont conclu avec les gouvernements fédéral et territorial une entente globale d’autonomie gouvernementale et de revendications territoriales ayant mené à l’Accord tłı̨chǫ en 2005.

Le chef Monphwi a signé le Traité no 11 le 22 août 1921 et nous récitons encore sa déclaration : « Tant que le soleil brillera, que l’eau coulera et que la terre sera là, nous pourrons conserver notre mode de vie. »

Lorsque Monphwi a prononcé ces mots à la signature du premier traité, ancêtre du traité moderne, il était un visionnaire à nos yeux. Le traité n’a pas pour seul but que les autres reconnaissent notre gouvernement, mais que notre peuple lui-même reconnaisse sa capacité à prendre ses propres décisions. John B. Zoe

 
Tessa Macintosh

Trails Of Our Ancestors (Sur les traces de nos ancêtres) est un voyage annuel en canot que font ensemble les Aînés et les jeunes pour se rendre au rassemblement annuel des Tłı̨chǫ afin d’honorer le territoire et les ancêtres qui ont fait ce même voyage avant eux.