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Une nouvelle exposition sur l’importance du béluga pour les Inuvialuits à l’affiche au Musée canadien de la nature

Le Musée canadien de la nature accueille actuellement une exposition qui souligne l’importance des bélugas pour les Inuvialuits, Inuits de l’ouest de l’Arctique canadien. Myrna Pokiak, une éducatrice culturelle inuvialuite qui est née et a grandi à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, est la conservatrice de Qilalukkat! Les bélugas et les Inuvialuits : Survivre ensemble.

« Nous sommes ravis de présenter Qilalukkat! !, cette toute nouvelle exposition de la Galerie des perspectives nordiques, déclare Meg Beckel, présidente-directrice générale du Musée. Situé à l’intérieur de la Galerie de l’Arctique Canada Goose, cet espace d’exposition permet aux collectivités du Nord de présenter leurs propres points de vue sur leur culture et les relations qu’ils entretiennent avec leur milieu. Qilalukkat! ! met en lumière les traditions et les témoignages de Myrna Pokiak et de sa famille concernant leur dépendance culturelle à l’égard des bélugas. »

« J’ai été élevée dans la région désignée des Inuvialuits, subsistant grâce à la terre et à la mer. Maintenant que ma famille et moi habitons la ville, le travail que j’effectue revêt toute son importance », explique Mme Pokiak. « Je me dois d’enseigner à mes filles notre histoire, les traditions pratiquées par ma famille, de même que les expériences comme la chasse au béluga — un incontournable pour la santé physique, spirituelle et mentale des familles et des communautés inuvialuites. J’espère que mon travail inculquera à mes filles et aux autres Inuvialuits une fierté par rapport à notre identité et à nos racines. »

Le territoire (ou « région désignée ») des Inuvialuits s’étire des îles occidentales de l’Arctique canadien jusqu’aux côtes de la mer de Beaufort et du delta du fleuve Mackenzie. La chasse au béluga est depuis longtemps un élément vital de la vie des Inuvialuits. Tous les étés, les familles s’y adonnent dès l’arrivée des animaux dans le delta du fleuve Mackenzie. Un seul béluga peut nourrir une famille pendant un an.

Par ses textes, ses spécimens, ses artéfacts, ses modèles, ses photos et ses vidéos, l’exposition plonge le visiteur dans la culture et les traditions des Inuvialuits. Dans cet espace de 60 m2 (650 pi2), un élément phare : la reconstitution d’un fumoir et de l’aire de préparation des aliments, avec présentation d’outils modernes et traditionnels, de modèles de viande à sécher (mipqu) et de gras et de peau de béluga (muktuk), de spécimens comme un crâne de béluga et d’artéfacts comme un ulu, un couteau à usage multiple typique de plusieurs cultures nordiques mais de forme triangulaire chez les Inuvialuits.

Parmi les artéfacts exposés : la pointe en pierre d’un harpon coincée dans une vertèbre de béluga et une amulette sculptée dans l’ivoire en forme de deux bélugas. Empruntés au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles (CPSPG) de Yellowknife, ces spécimens datent des années 1300-1450 de notre ère et ont été trouvés dans le delta du fleuve Mackenzie, près du site archéologique de Kuukpak—un vaste village inuvialuit habité jusqu’au 19e siècle, précédant les contacts avec les Européens.

Qilalukkat! nous fait aussi découvrir comment les Inuvialuits et les scientifiques oeuvrent de concert pour préserver les bélugas. Leur population de la mer de Beaufort dans l’ouest de l’Arctique n’est pas menacée.

Le mot béluga vient du mot russe belukha désignant ces cétacés blancs. Le nom en inuvialuktun qilalukkat vient d’une légende ancienne : Il y a très longtemps, un jeune homme jeta sa belle-mère dans l’océan. Elle se transforma en béluga. Ses sons plaintifs lui donnèrent son nom en inuvialuktun : qilalukkat. Inuvialuit signifie « vraie personne » en inuvialuktun.

Les bélugas et les Inuvialuits : Survivre ensemble Survivre ensemble est le fruit d’un partenariat avec le Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. C’est une version adaptée et mise à jour de l’exposition que Myrna Pokiak a contribué à élaborer à ce centre en 2006 sous le titre de Qilalukkat! Beluga!

La visite de l’exposition est comprise dans les droits d’entrée au Musée. Le Musée se situe au 240, rue McLeod (au coin Metcalfe), à Ottawa. Pour connaître les heures d’ouverture et les droits d’entrée, visitez nature.ca. Recherchez les mots-clics #ArctiqueauMusée sur les médias sociaux du Musée : Twitter (@museedelanature) et Instagram (museedelanature). Suivez le Musée sur facebook.com/muséecanadiendelanature.

Faits intéressants

  • La toundra autour de Tuktoyaktuk comprend une forme géographique d’importance nationale : le plus haut pingo du Canada (une butte formée autour d’un noyau de glace). Les Inuvialuits se servent depuis des centaines d’années des pingos comme points de repère en navigation et comme points d’observation privilégiés pour repérer les caribous et les cétacés.
  • Les bélugas font partie des odontocètes, c’est-à-dire des cétacés à dents. Ils se servent de leurs petites dents coniques pour saisir leurs proies.
  • Chaque année, leurs dents acquièrent deux nouvelles couches. En comptant ces couches, on sait qu’ils peuvent vivre de 30 à 40 ans.
  • Un mâle adulte peut mesurer plus de 5 m, les femelles sont plus petites et les nouveau-nés atteignent une longueur d’environ 1,5 m.
  • La chasse au béluga pratiquée dans l’Ouest de l’Arctique canadien est durable. Elle s’inscrit dans un programme de cogestion des Inuvialuits et de Pêches et Océans Canada qui comprend plusieurs volets : surveillance, recherche, sensibilisation, tourisme et lignes directrices pour les routes de navigation.

Un mot sur le Musée canadien de la nature

Sauver le monde avec des preuves, des connaissances et de l’inspiration! Le Musée canadien de la nature est le musée national de sciences et d’histoire naturelles du Canada. Il a vocation à transmettre des idées fondées sur des faits, à procurer des expériences instructives et à favoriser une relation enrichissante avec la nature d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Le Musée accomplit sa mission grâce à ses recherches scientifiques, ses collections de plus de 14,6 millions de spécimens, ses programmes éducatifs, ses expositions permanentes et itinérantes et son dynamique site Web nature.ca.

Pour en savoir plus sur l’exposition, visitez le site Web du Musée canadien de la nature ou consultez cet article de la CBC North.