1862 Père Émile Petitot

En septembre 1860, Émile Fortuné Stanislas Joseph Petitot joint les Oblats de Marie-Immaculée, un ordre catholique romain dédié au services «des plus démunis«. Après une formation à Notre-Dame-de l'Osier (Marseilles, France), Petitot est ordonné prêtre et douze ans plus tard, le 27 mars 1862, il est en route pour le Canada pour devenir missionnaire auprès des Dénés des Territoires du Nord-Ouest La première assignation du père Petitot est à la mission de Fort Providence (carte); il lui apparaît bien vite que les missionnaires doivent avoir une connaissance pratique des diverses langues dénées, pour pouvoir assurer des conversions religieuses. Il commence tout de suite à préparer des dictionnaires en dogrib, en esclave, en chipewyan et en gwich'in.

En août 1864, le père Petitot déménage à Fort Good Hope, pour travailler sous la supervision du père Jean Séguin. On croyait que cette supervision aiderait le père Petitot à passer par-dessus son obsession d'explorer et de cartographier, et qu'il reviendrait à sa mission première. À cette époque, on dit que le père Petitot avait une relation sexuelle avec un jeune homme décrit comme «un serviteur de Providence (mission).» Cette relation entraîne l'excommunication temporaire de Petitot et pourrait avoir contribué à ce qu'on décrit comme de «courtes périodes de démence», à partir de 1868.

Malgré tous ses problèmes, le père Petitot effectue dix voyages, entre 1865 et 1879, dans la nature, près du Grand lac de l'Ours et le delta du Mackenzie, pas seulement pour convertir les Dénés et les Inuvialuits, mais également pour produire des cartes détaillées, faire des dessins de paysages qu'il voit et des gens qu'il croise, pour enregistrer des mots autochtones pour ses dictionnaires et pour consigner histoires et légendes. Le père Petitot trouve également le temps de concevoir et décorer l'église Our Lady of Good Hope de Fort Good Hope, classée site historique national en 1977.

En 1874, le père Petitot retourne en France pour voir à la publication de son Dictionnaire de la langue Dènè-dindjié... ; on lui rend hommage pour son travail aux Territoires du Nord-Ouest en le nommant membre de la Société d'anthropologie de Paris et de la Société philologique. Le don de sa carte géographique faite à la main de l'ouest des Territoires du Nord-Ouest lui remporte également une médaille d'or de la Société géographique de Paris.

Son retour à Fort Good Hope, en 1876, signifie un retour à certains problèmes mentaux si évidents plus tôt dans sa carrière. En 1879, on l'envoie dans le sud pour effectuer du travail moins exigeant, près de Cold Lake, en Alberta; mais ses problèmes ne font qu'empirer et vers 1882, les Oblats le forcent à aller à Montréal passer quelques mois dans un asile d'aliénés, avant d'être renvoyé en France.

Le père Petitot passe une grande partie de la fin de sa vie comme prêtre de la paroisse de Mareuil-les-Meaux où, en 1975, le gouvernement dévoile une plaque pour honorer son travail aux Territoires du Nord-Ouest. Au cours de cette période, il écrit cinq livres autobiographiques et de nombreux articles du temps qu'il a passé aux Territoires du Nord-Ouest. Le père Émile Petitot meurt en France le 13 mai 1916.